Aimer, c'est rencontrer
l'autre, le reconnaître pour celui qu'on attendait, c'est
désirer et accepter de lui son achèvement.
Aimer, c'est vouloir d'abord son bonheur : c'est donner et c'est
se donner dans ce qu'on donne. C'est tout donner, car quand on n'a
pas tout donné, on n'a rien donné.
Aimer, c'est aller jusqu'au désintéressement et à
la délicatesse du don, dans une gratitude jaillissante en
admiration, car l'admiration est au coeur de l'amour.
"Celui qui aime est impatient de prouver la vérité
de son affection. Un amour qui n'engage pas toute la vie et ne change
rien à rien n'est qu'un semblant d'amour; il est égoïsme.
L'amour, de lui-même, est généreux et tend à
se perpétuer. Il nous transforme nous-mêmes. Il porte
ensuite à transformer le monde où nous sommes."
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Accéder à un tel amour partagé, à une
telle volonté de bonheur et de réalisation, constitue
pour l'être humain la plus profonde expérience de sa
vie. L'amour ainsi vécu va lui faire découvrir ce
pourquoi il est fait : s'accomplir en devenant un être de
communion, fût-ce au prix du don de soi et du sacrifice de
soi.
Exister pour un autre et faire exister un autre en soi, vivre pour
l'autre et par l'autre, constitue une plénitude de joie,
une expérience de vie d'une incomparable densité.
Auteur inconnu.
L'amour : une source, une raison de source, le
monde devient fertile, c'est l'émerveillement, le sentiment
du miracle et, en même temps, du déjà connu,
un retour au paradis perdu, la réconciliation du corps et
de l'idée, la découverte de notre force et de notre
fragilité, l'attachement à la vie et pourtant l'indifférence
à la mort, une certitude à jamais révélée
et cependant mobile, fluide et qu'il faut reconquérir chaque
jour.
Anne Philipe, "Le temps d'un soupir"
Les hommes de chez toi, dit le petit prince, cultivent
cinq mille roses dans un même jardin... et ils n'y trouvent
pas ce qu'ils cherchent.
Et cependant, ce qu'ils cherchent pourrait être trouvé
dans une seule rose et un peu d'eau.
Mais les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le coeur.
Antoine de St-Exupéry, "Le Petit Prince"
La loi divine dit à l'homme : "Tu aimeras
le Seigneur de tout ton coeur, de toutes tes forces, de tout ton
esprit et par-dessus tout, et ton prochain comme toi-même
pour l'amour de Dieu".
Traduisons : "Tu aimeras Dieu plus que tout et pour l'aimer,
tu aimeras les homme comme toi."
Pour le chrétien, il n'y a pas moyen d'aimer Dieu sans aimer
l'humanité; il n'y a pas moyen d'aimer l'humanité
sans aimer tous les hommes ; il n'y a pas moyen d'aimer tous les
hommes sans aimer les hommes qu'il connaît, d'un amour concret,
d'un amour actif.
[...] Or aimer tous les hommes de l'humanité, c'est ressembler
à Dieu, parce que lui, Dieu, les aime.
Madeleine Delbrel, "Nous autres gens des rues"
Un jeune officier luttant en Égypte contre
la domination anglaise en 1946-47 passe 18 mois en prison sans pouvoir
lire ni écrire. Il découvre la loi de l'existence,
l'amour :
"L'amour a triomphé en fin de compte.
Car, en fait, je ne puis parvenir à haïr qui que ce
soit; ma nature est vouée à l'amour. C'est ce qui
m'est apparu clairement, à travers mille souffrances et mille
peines, dans la cellule n°54. La souffrance cristallise la force
intérieure d'une âme; c'est par elle que l'homme de
caractère peut parvenir au fond de lui même et sonder
les profondeurs de sa conscience. C'est par la souffrance que j'ai
dcouvert que je suis par nature enclin à faire le bien, et
que l'amour est la véritable motivation qui se trouve derrière
tout mes actes. Sans amour, je ne pourrai rien faire. L'amour m'a
apporté la foi, la pleine confiance en moi et dans tout ce
qui m'entoure. Mon amour de l'univers découle de mon amour
de Dieu. Comme le Créateur est mon ami, je ne puis avoir
peur des hommes, puisque c'est lui qui règne sur leur existence
et sur l'univers tout entier."
Ce jeune officier devait devenir le Président
égyptien, Anouar El Sadate, assassiné en 1981.
"À la recherche d'une identité",
Fayard
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